Conférence 2.0 : Découverte et analyse de biomarqueurs par spectrométrie de masse: de la maladie de Fabry à la maladie de Parkinson

mardi 01 décembre 2020 | Activités

Présentée par l’axe de recherche Mère-enfant du CRCHUS



Animée par : Michel Boutin, Ph. D.

Directeur technique, Centre d’expertise en spectrométrie de masse clinique Waters-CHUS
Professeur associé, Département de pédiatrie, Université de Sherbrooke
Chercheur, axe de recherche Mère-enfant, Centre de recherche du CHUS

Résumé | La maladie de Fabry est une maladie génétique qui se caractérise par l’accumulation de sphingolipides dans les lysosomes. Les principales manifestations cliniques de la maladie de Fabry sont : l’acroparesthésie, l’opacité cornéenne, un risque accru d’AVC, l’hypertrophie ventriculaire et une déficience rénale progressive menant à la dialyse. Une étude métabolomique non ciblée, réalisée dans notre laboratoire par spectrométrie de masse, a révélé le galabiosylcéramide (Ga2) comme biomarqueur urinaire de la maladie de Fabry.

Toutefois, autant ce biomarqueur était sensible et spécifique pour le diagnostic de la maladie chez les hommes, autant il était peu fiable chez les femmes. Une étude approfondie a démontré que ce biomarqueur présentait un isomère de structure, le lactosylcéramide (LacCer), qui était analysé simultanément et diminuait significativement sa sensibilité, particulièrement chez les femmes. Une méthode chromatographique a été développée pour permettre d’analyser le Ga2 indépendamment du LacCer et ainsi augmenter son efficacité et fiabilité comme biomarqueur de la maladie de Fabry.

La maladie de Gaucher est une maladie de surcharge lysosomale, comme la maladie de Fabry, qui a pour cause l’accumulation du glucosylcéramide (GluCer) dans les cellules. Les patients Gaucher ont 20 fois plus de probabilités de développer la maladie de Parkinson que la population en général. Nous avons donc émis l’hypothèse que le principal biomarqueur de la maladie de Gaucher, le GluCer, pourrait aussi être un biomarqueur pour la maladie de Parkinson. Nous avons développé, dans le cadre d’un projet de recherche translationnel, une méthode permettant d’analyser le GluCer dans les tissus de cerveau humain.

Encore une fois, il a fallu mettre au point une méthode chromatographique permettant de séparer la molécule d’intérêt d’un isomère de structure, le galactosylcéramide (GalCer). En résumé, les études métabolomiques en spectrométrie de masse ouvrent la porte à la découverte de biomarqueurs et a un éventuel transfert technologique vers la clinique.

À propos du conférencier

M. Boutin est un spécialiste en spectrométrie de masse. Il a obtenu son doctorat en chimie de l’Université de Montréal pour un projet relié à l’échantillonnage et l’analyse de contaminants de l’air en milieu de travail. Il a fait un premier postdoctorat en hygiène du travail à l’Université McGill, un deuxième postdoctorat en protéomique à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris, France) et un troisième postdoctorat en métabolomique à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de Montréal. Par la suite, il a travaillé durant deux ans à la plateforme de protéomique de l’Université Laval comme chargé de projets. Depuis 2011, il est le directeur technique du Centre d’expertise en spectrométrie de masse clinique Waters-CHUS (sous la direction scientifique de Pre Auray-Blais) où il a développé une expertise concernant la découverte de biomarqueurs à partir d’études métabolomiques non ciblées et l’élucidation structurale de molécules par spectrométrie de masse en tandem.

Conférence offerte en version web

Inscription

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