Les chiffres ont quelque chose à dire…
jeudi 17 septembre 2026 | ActualitésDans les coulisses de la recherche avec Samuel, biostatisticien

Série de textes – Portraits inspirants en recherche
Samuel Lemaire-Paquette, biostatisticien de recherche
Un chercheur a une idée. Une résidente veut démarrer son projet de recherche. Une équipe veut vérifier si une nouvelle façon de faire fonctionne. Un médecin souhaite analyser les résultats des participants sous essai expérimental qu’il soigne. Par où commencer?
Avant même de recueillir la première donnée, plusieurs décisions doivent être prises. Combien de personnes faut-il étudier? Quelles informations faut-il recueillir? Comment organiser la collecte de données pour l’étude? Comment comparer les résultats? Et surtout, comment s’assurer que les résultats permettront de répondre à la question de départ?
C’est là que Samuel entre en scène. Son outil de travail : les statistiques. Son rôle : accompagner les équipes de recherche avant, pendant et après la collecte de données.
Il les aide à bâtir leur projet, à choisir les bonnes méthodes, à analyser leurs données et à comprendre ce que les résultats permettent ou non de conclure.
Parce qu’en recherche, les chiffres peuvent raconter beaucoup de choses. Encore faut-il savoir les écouter…
Samuel, détective des données
![]() | Imaginez qu’une équipe arrive avec une idée de recherche. Samuel ne commence pas par ouvrir un fichier Excel. Il commence par écouter. Qu’est-ce que l’équipe veut savoir? Comment pourrait-on le vérifier? Quelles données faudra-t-il recueillir? De combien de personnes aura-t-on besoin? Ces questions peuvent sembler simples. Mais elles peuvent faire toute la différence entre une étude qui permet de tirer des conclusions solides et une étude qui laisse encore beaucoup de place à des interprétations hypothétiques. C’est un peu comme préparer une enquête : avant de chercher les indices, il faut savoir lesquels chercher. Samuel aide donc les équipes de recherche à construire leur projet sur des bases solides. Et son travail ne s’arrête pas là. |
Quand les données arrivent, l’enquête continue
Une étude peut générer des centaines, voire des milliers de données. À première vue, ça peut ressembler à un immense casse-tête. Samuel aide à y voir clair.
Il organise les données, programme des analyses et choisit les méthodes statistiques les mieux adaptées au projet. Mais surtout, il cherche à répondre à une question essentielle :
« Qu’est-ce que ces données nous permettent vraiment de conclure? »
Prenons un exemple. Une équipe remarque que les personnes qui ont reçu un traitement vont mieux que celles qui ne l’ont pas reçu. Le traitement fonctionne? Peut-être. Mais il faut creuser… Les personnes qui ont reçu le traitement étaient-elles différentes dès le départ? Ont-elles reçu d’autres soins? Le résultat pourrait-il être dû au hasard?
Les statistiques permettent justement d’examiner ces différentes possibilités. Samuel soutient donc les équipes de recherche afin de pouvoir faire la différence entre : « On observe une différence » et « On a suffisamment d’indices pour croire que cette différence est réelle. » Une petite nuance? Pas vraiment. Elle peut complètement changer la conclusion d’une étude.
Et après les calculs?
Une fois les analyses terminées, Samuel n’a pas fini son travail. Car obtenir des résultats, c’est une chose. Comprendre ce qu’ils veulent dire et les communiquer correctement, c’en est une autre.
Samuel accompagne les équipes dans l’interprétation des résultats. Il contribue à déterminer ce qui peut réellement être conclu à partir des données, mais aussi à reconnaître les limites et les incertitudes. Cette expertise devient particulièrement importante lorsque vient le temps de partager les résultats avec la communauté.
Des données aux articles scientifiques
Les résultats d’une recherche peuvent prendre plusieurs formes : une présentation, un graphique, une conférence, un article dans un journal ou encore une publication scientifique.
Samuel peut contribuer à plusieurs étapes de ce processus. Il participe à la façon dont les méthodes statistiques sont décrites, vérifie que les analyses utilisées répondent bien à la question de recherche et contribue à l’interprétation des résultats. En d’autres mots, il aide les équipes à s’assurer que ce qu’elles écrivent correspond bien à ce que les données montrent.
Et lorsque sa contribution au projet est importante, Samuel devient lui-même coauteur de l’article. C’est déjà arrivé à plusieurs reprises. En sept ans de carrière au sein du service de consultation, il a contribué à 64 articles scientifiques comme coauteur. Ces articles ont été cités 564 fois par d’autres scientifiques.
Son travail contribue ainsi à faire avancer des connaissances qui peuvent ensuite être utilisées, discutées et approfondies par d’autres équipes de recherche. Il travaille notamment avec des chercheurs comme le Dr Simon Couillard, dont les travaux ont été publiés dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet.
Dans son « petit bunker »… mais jamais vraiment seul
Samuel décrit son travail avec humour comme celui d’un « ermite dans son petit bunker ».
Il passe effectivement beaucoup de temps devant son ordinateur. Mais son travail est loin d’être solitaire. Il collabore avec des chercheurs et chercheuses, des médecins, des résidents et résidentes en médecine, et plusieurs professionnels et professionnelles.
Il répond à leurs questions, explique les statistiques et les aide à prendre de meilleures décisions pour leurs projets. Il travaille parfois dans l’ombre, mais son expertise se retrouve au cœur de nombreux projets de recherche. Et derrière chaque analyse, chaque tableau et chaque graphique, il y a surtout une équipe qui cherche à répondre à une question.
Des maths qui peuvent changer les choses
Samuel a toujours aimé les mathématiques et les statistiques. Il a d’ailleurs poursuivi ses études jusqu’à la maîtrise. Mais il cherchait quelque chose de plus concret. Il ne voulait pas seulement faire des mathématiques dans des livres. Il voulait utiliser ses connaissances pour répondre à de vraies questions et avoir un impact dans la vie des gens.
La recherche lui permet de le faire. Car derrière chaque tableau de données, chaque graphique et chaque résultat, il y a des personnes. Des familles. Des gens malades. Des personnes qui soignent. Une maladie à mieux comprendre. Un traitement à évaluer. Une façon de faire à améliorer.
« Ce qui me passionne, c’est de pouvoir aider à aider. »
Une phrase qui résume bien son rôle.
Et la suite?
Samuel souhaite contribuer à faire grandir le service de biostatistique du Centre de recherche du CHUS, rapprocher les différentes ressources et partager encore davantage les connaissances.
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