Quand la recherche devient un acte d’amour pour sa communauté

Monday 15 June 2026 |

Faire circuler ses connaissances là où elles ont le plus d’impact.


Crédit de la photo d’entête : Association des infirmières et infirmiers d’urgence du Québec

Série de textes – Portraits inspirants en recherche  
Josiane Provost, doctorante en recherche  

En arrivant dans la région de Mégantic, Josiane cherchait simplement un endroit où faire grandir son cocon familial.  

Quelques années plus tard, la doctorante met son expertise au service des communautés rurales qu'elle aime profondément.  

Entre la recherche, l’enseignement et l’engagement citoyen, elle a trouvé sa façon bien à elle de redonner à une région qui l'a accueillie. 

Une région qui a influencé sa trajectoire 

Si on avait dit à Josiane, alors qu'elle vivait à Montréal, qu'elle deviendrait un jour conseillère scientifique en chef d'une MRC rurale, elle aurait été surprise. Rien ne semblait la destiner à ce parcours.  

Puis il y a eu la région de Mégantic.  

Les montagnes. Les villages. Les gens qui se connaissent et qui prennent soin les uns des autres.  

Peu à peu, la région est devenue bien plus qu'un lieu de résidence. Elle est devenue un milieu de vie, une communauté, un sentiment d'appartenance. 

Josiane lors d’une excursion en kayak, avec son chien. 

Cette rencontre a transformé sa façon de voir la recherche. 

Aujourd'hui doctorante à l'Université de Sherbrooke et étudiante impliquée au Centre de recherche du CHUS, Josiane consacre ses travaux aux réalités des populations rurales, parce qu'elle croit qu'elles méritent toute notre attention. 

« J'ai développé un immense amour pour les communautés rurales. Ce sont des milieux extraordinaires, avec leurs forces, leurs défis et une capacité incroyable à se mobiliser. » 

Trouver sa façon de redonner 

Depuis février, Josiane occupe ce rôle peu commun : conseillère scientifique en chef de la MRC du Granit.  

Pour elle, ce mandat représente une façon de redonner et de mettre ses connaissances au service des citoyens et citoyennes qui l'entourent. Elle agit comme l’interface entre la recherche et les décisions qui façonnent la vie de sa communauté. 

Lorsqu’un enjeu touche le territoire, elle aide les élus et les équipes municipales à accéder aux connaissances scientifiques les plus pertinentes, à interpréter les données disponibles et à mieux comprendre les impacts potentiels de différentes options.  

Son rôle n’est pas de prendre les décisions, mais bien de contribuer à ce qu’elles soient éclairées par les meilleures connaissances disponibles. Elle fait ce qu’elle aime par-dessus tout : chercher, comprendre, analyser et mettre les connaissances scientifiques au service de la population. 

« Quand une décision municipale est prise, ses effets sont concrets et immédiats. Pouvoir contribuer à ces réflexions avec les outils de la recherche, c'est extrêmement motivant. » 

Parmi la vingtaine de conseillers scientifiques municipaux au Québec, elle est la seule étudiante à occuper cette fonction et la seule conseillère avec une expertise en santé.  

Une responsabilité qu’elle accueille avec fierté, portée par la conviction de contribuer au bien-être des citoyens et citoyennes d’aujourd’hui et de demain. 

Faire entendre la voix des communautés rurales 

Cette volonté de contribuer se retrouve aussi au cœur de sa thèse de doctorat. Infirmière clinicienne, détentrice d'une maîtrise en recherche des sciences de la santé et bientôt docteure en épidémiologie populationnelle, Josiane s'intéresse à un enjeu peu étudié : les omissions de soins infirmiers dans les urgences rurales. 

Pourquoi certaines interventions ne peuvent-elles pas toujours être réalisées? Quels impacts cela peut-il avoir sur les équipes ainsi que sur les usagers et usagères du réseau de la santé? Comment mieux soutenir ce milieu? 

Avec son équipe, elle développe un outil inédit pour répondre à ces questions et mieux documenter une réalité encore peu connue.  

Pour Josiane, cette recherche dépasse largement le cadre universitaire. Les connaissances générées permettront de mieux comprendre les défis vécus dans les milieux ruraux, d'orienter les pratiques cliniques et d'appuyer les décideurs dans leurs choix futurs. 

« Ces populations sont parfois moins présentes dans les études scientifiques. Pourtant, elles méritent autant d'attention et de ressources. » 

Bâtir des ponts entre la science et les gens 

En plus de ses travaux de recherche, Josiane enseigne à l'Université de Sherbrooke et s'implique auprès de la relève scientifique.  

Et derrière toutes ces responsabilités se cache toujours la même motivation : rapprocher la science des gens. Dans tout ce qu’elle entreprend, Josiane cherche à faire circuler les connaissances là où elles peuvent avoir le plus d'impact. 

« Je souhaite que les citoyens et citoyennes voient la recherche comme un outil qui leur appartient aussi. Une façon de mieux comprendre le monde et d'éclairer les décisions qui touchent leur quotidien. » 

Là où elle peut faire la plus grande différence 

Quand elle parle de son parcours, Josiane revient souvent à cette idée d'impact… et pas celui qui se mesure en publications ou en indicateurs de performance. C’est là que se trouve la véritable force de son parcours : avoir choisi de mettre la recherche au service des gens qui l'entourent. 

Parce qu'au bout du compte, pour Josiane, la science n'est pas seulement une profession. 
C'est une façon de promouvoir la gouvernance territoriale. 

À propos de Josiane :  

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